Pour ce faire, nous n’avons pas besoin d’accomplir de grandes œuvres. Il suffit aux époux d’échanger des paroles douces et des remerciements pour ce que chacun d’eux fait pour le bien-être de la famille. Il suffit aux parents d’avoir des gestes tendres envers leurs enfants, même si leurs choix ne leur plaisent pas. Il suffit aux voisins de se sourire et de rendre le vivre-ensemble plus agréable dans leur immeuble ou leur quartier…
Il nous suffit tous, en cette nuit bénie, de prier pour la paix dans le monde et d’inclure dans nos prières tous ceux qui souffrent, quelles que soient leur origine, leur croyance ou non- croyance. C’est par ces gestes simples que nous mettons en œuvre le message de la miséricorde de l’islam.
Ramadan est aussi le mois du Pardon. Qui d’entre nous n’a pas espéré le pardon de Dieu en ce mois de jeûne ? Et Dieu sait que nous avons des tas de choses à nous faire pardonner : nos colères exagérées contre nos proches, nos manquements envers notre Seigneur, nos mensonges, notre injustice… Personne n’est exempt de ces faiblesses. Nous allons certainement répéter cette nuit : « Dieu, Tu es Clément, Tu aimes le Pardon. Pardonne-nous (nos péchés). »
Mais sommes-nous prêts à suivre l’exemple de notre Seigneur Généreux et à offrir notre pardon à ceux qui nous ont blessés ? Sommes-nous prêts à nous réconcilier avec nos frères et sœurs, nos conjoints, nos voisins ? Le pardon est en effet nécessaire pour repartir sur de nouvelles bases et pour reconstruire des relations saines : faisons de sorte à ce que le jeûne du Ramadan lave nos âmes des noirceurs de la haine et du ressentiment pour accueillir la clarté de l’Aïd et du pardon.
Certes, nous allons être nombreux à prier Dieu en cette nuit sainte, mais rappelons-nous que le prix est à notre portée. Afin que l’exercice du jeûne du Ramadan soit positif et que l’empreinte de ce mois soit profonde sur nos cœurs et nos esprits, il nous faut témoigner et exprimer en chacun de nos gestes, en chacune de nos paroles, en chacun de nos actes le message de paix intérieure qu’Il nous enseigne.
* Article de Mehrézia Labidi-Maïza est coordinatrice de Femmes croyantes pour la paix.